La Manekine, origines et références
L’espace culturel de Pont Sainte Maxence n’a pas été baptisé par hasard et le choix du nom « la Manekine » scelle ainsi l’identité du lieu en rapport étroit avec celle de la ville. Découvrez ainsi les multiples significations et références que peuvent revêtir ce mot qui a lui seul fait office d’élément patrimonial et résonne de par sa théâtralité.
1) RÉFÉRENCE À DEUX FIGURES LOCALES :
Philippe de Beaumanoir (1246-1296), figure médiévale locale, jurisconsulte et poète national du Beauvaisis, auteur de La Manekine, oeuvre de 8591 vers ;
Sainte Maxence, qui a eu la tête coupée, situation analogue de mutilation avec La Manekine, qui, elle, se coupe la main gauche, pour faire renoncer son père à l’épouser.
2) RÉFÉRENCE AU THÉÂTRE :
Le mot mannequin (diminutif de Mann, l’homme dans les langues germaniques), dont La Manekine est la forme féminine, désigne, dans le théâtre médiéval, les pantins de paille ou de bois par lesquels on remplaçait les acteurs lors des scènes de torture (La Manekine échappe par deux fois au bûcher).
3) RÉFÉRENCE À LA FOIS À LA CULTURE SAVANTE ET À LA CULTURE POPULAIRE :
Parmi les romans français des XIIIème et XIVème siècles dont l’histoire se révèle riche d’enseignements sur les rapports entre culture savante et culture populaire, La Manekine occupe certainement une place privilégiée. On dispose, pour en faire l’étude, de deux ensembles assez considérables de documents comparatifs :
- les textes écrits depuis le XIIème siècle ;
- les multiples versions d’un conte populaire très répandu à travers lemonde ( La Manekine a des similitudes avec Peau d’Ane).
4) RÉFÉRENCE AU CARNAVAL :
La seconde fois que la Manekine doit être brûlée, c’est juste avant le retour de son époux, le roi d’Ecosse, c’est-à-dire juste avant le début du Carême, et donc exactement au moment du Carnaval. On remplace la Manekine et son fils, qui devaient être suppliciés, par deux statues, deux mannequins qui flamberont sur le bûcher, exactement comme, à Mardi-Gras, brûlent les figures du Carnaval ! Et comme à Carnaval, après ces simulacres de sacrifice, Joïe-La Manekine disparaît, et pour longtemps : elle retournera en Ecosse sept ans seulement après son exil, et ce n’est que neuf ans après sa disparition qu’elle réapparaîtra en Hongrie.
5) RÉFÉRENCE À UNE FEMME :
M. René Blanchon, dans son livre « Les rues de Pont Sainte Maxence », disait qu’on pouvait regretter que les femmes soient si peu représentées dans les noms de nos rues, places, écoles.
Et pourtant, l’auteur de « Histoire chronologique de la ville de Pont Sainte Maxence », publié en 1764, « se croit obligé de parler aussi de la valeur du sexe féminin de la ville de Pont, d’après l’Histoire même ».
6) RÉFÉRENCE À NOTRE RÉGION :
L’appellation La Manekine a une consonance nordique, similaire au Manneken-Pis, statuette célèbre de Bruxelles.
